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View Full Version : French- Uroplatus henkeli



thorrshamri
08-14-2010, 02:27 PM
Maintenance et Reproduction de l’ Uroplate de Henkel
Uroplatus henkeli BÖHME & IBISCH 1990

http://img253.imageshack.us/img253/4049/dscf6139sn1.jpg (http://imageshack.us)

********************************* Uroplatus henkeli en vidéo *********************

Cliquez sur l’image pour lancer la vidéo:

-Manipulation simple :


http://img43.imageshack.us/img43/5866/dscf7406s.jpg (http://fr.youtube.com/watch?v=N_mkXWAPB_A)


-Prédation (qualité vidéo moyenne):

http://img16.imageshack.us/img16/4488/dscf8142m.jpg (http://fr.youtube.com/watch?v=y-_5yoPsGxs)


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Phylogénie et Taxonomie:

Phylum: Chordata ,Bateson 1885
Sous -Phylum:Vertebrata ,Cuvier 1812
Infra -Phylum: Gnathostomata
Super –Classe: Tetrapoda ,Goodrich 1930
Classe: Sauropsida
Sous –Classe: Diapsida
Infra –Classe: Lepidosauromorpha
Super –Ordre: Lepidosauria™
Ordre: Squamata
Sous –Ordre: Lacertilia
Infra –Ordre: Gekkota
Micro –Ordre: Gekkonomorpha
Super –Famille: Gekkonoidae
Famille: Gekkonidae
Sous –Famille: Gekkoninae
Tribu: Gekkonini
Genre: Uroplatus ,Mocquard 1894
Espèce: henkeli ,Böhme & Ibisch 1990.

™ :nom déposé.

Aucune sous –espèce valide .Pas de différenciation de localité ou de divergence morphologique justifiant une subdivision taxonomique de l’espèce.

C’est à l’occasion de l’étude de deux scientifiques allemands que l’espèce a été décrite (BOHME & IBISCH 1990). Le « complexe fimbriatus » regroupe quatre des douze espèces actuellement décrites au sein du genre Uroplatus et deux sous –espèces.

Ils ont en commun des caractéristiques physiques nettement différenciées des autres espèces du genre: taille moyenne à grande, coloration cryptique imitant l’écorce, museau très allongé, bourrelet dermique le long des flancs et de la tête donnant l’impression d’une « barbe » et corps à section triangulaire moins aplati latéralement que chez les petites espèces. Les espèces et sous –espèces valides à ce jour du complexe fimbriatus sont :

-Uroplatus fimbriatus, Schneider 1797
-Uroplatus sikorae sikorae, Böttger 1913
-Uroplatus sikorae sameiti, Böhme & Ibisch 1990
-Uroplatus henkeli, Böhme & Ibisch 1990

auxquels se sont ajoutés depuis l'étude allemande précitée:

-Uroplatus pietschmanni, Böhle & Schönecker 2004
-Uroplatus giganteus, Glaw ,Kosuch ,Henkel ,Sound & Böhme 2006

La date très récente de description de certaines espèces de ce groupe s’explique d'une part par une difficulté d’accès dans les régions reculées de Madagascar que ce soit à cause de la géographie et des forêts que de l' histoire de ce pays:soulèvement anti-colonial dirigé contre les français en 1947-48 ,Indépendance de Madagascar en 1960 suivi de 3 décennies quasiment ininterrompues de dictatures corrompues et d’insécurité dans de nombreuses régions de la Grande Ile.

D’autre part, chaque individu ayant ses propres motifs et ses propres nuances de coloration, la tâche des taxonomistes s’en est trouvée complexifiée. U. henkeli a longtemps été pris pour un U. fimbriatus avec des motifs particuliers.

On arrive même fréquemment à la situation ubuesque où les nouvelles espèces d’ Uroplatus apparaissent sur le marché terrariophile avant d’être scientifiquement décrites .Ainsi ,U. pietschmanni était déjà abordé par Svatek & Van Duin en 2001 et semblait déjà à l’époque bien implanté dans les listings des importateurs américains .

Sur les populations sauvages, voir cet article de 2003 signé Raxworthy, Glaw, Vences et al :

http://www.mvences.de/p/p1/Vences_A49.pdf

Holotype: ZFMK 48229 (Zoologisches Forschungsinstitut und Museum Alexander Koenig, Bonn, Allemagne ). [photo de l’holotype indisponible pour des raisons de copyright]

Terra typica: forêt de Lokobé, Nosy Bé, Madagascar, 48°11’ E, 13°35’ S

Paratypes: ZSM 195/2006 et 196/2006, Lokobe ,Madagascar (Zoologisches Staatssammlung München, Allemagne).

http://img204.imageshack.us/img204/8739/hpim1976kc2.jpg (http://imageshack.us)

(Photo Thomas Canu)

Synonymes:

Aucun synonyme invalide connu pour l'espèce. Toutes les occurrences depuis la description initiale se réfèrent au taxon Uroplatus henkeli BOHME & IBISCH 1990.

Description initiale : Böhme & Ibisch, Studien an Uroplatus I. Der Uroplatus fimbriatus- Komplex. –Salamandra, Bonn 26:246-259

Différenciation d’avec U. fimbriatus dans la description originale: Longueur museau-cloaque 120-180 mm contre 160-220 pour U. fimbriatus ; motif réticulé de l’iris sans lignes rouges et décrivant des arcs de cercle irréguliers autour de la pupille ; coloration dermique nocturne caractéristique des femelles (voir dimorphisme sexuel) ;localisé sur la côte Ouest malgache et aux îles voisines (Nosy Bé) contrairement à U. fimbriatus confiné à la côte Est et au centre de Madagascar. Structure spécifique des hémipénis des mâles avec épines et structure apicale typique de U. henkeli : la forme complexe des hémipénis est une particularité unique des Uroplatus au sein de la famille des geckonidés, on ne retrouve cette spécificité que chez les caméléons, dans lesquels les Uroplatus furent autrefois classés.

Exemples d’hémipénis chez deux membres du complexe fimbriatus : U. giganteus et U. fimbriatus (tiré de Schönecker et al., description originale d’U. giganteus):

http://img503.imageshack.us/img503/5213/hmipnisuroplatusuq0.jpg (http://imageshack.us)

Portrait et apparence de l’iris d’U. fimbriatus:

http://img81.imageshack.us/img81/1892/uroplatusfimbriatus2mw9.png (http://imageshack.us)

Détail de l’œil d’U. henkeli :

http://img518.imageshack.us/img518/441/dscf6146pv2.jpg (http://imageshack.us)

Le même spécimen photographié à un autre moment:

http://img518.imageshack.us/img518/3765/dscf6046eq6.jpg (http://imageshack.us)

Noms vernaculaires:

Dialectes malgaches: famocontrata, taha-fisaka
Anglais: Henkel’s leaf-tailed gecko ,Henkel’s leaf-tail
Allemand: Henkels Plattschwanzgecko
Néerlandais: Henkels Platstaartgecko/ Bladstaartgecko
Norvégien et danois: Henkels Bladhalegekkoer
Japonais: スベヒタイヘラオヤモリ
Polonais: Gekon Liścioogonowy
Espagnol: Salamanquesas de cola plana de Henkel
Suédois: Henkels Bladsvansgecko
Portugais: Gecko cauda-de-folha do Henkel
Islandais: Henkels Flatúrhaligekkúr
Tchèque: Gekon Plochoocasý
Finnois: Henkelin Lehtihäntägekot
Estonien: Henkelen Lamesabageko

http://img198.imageshack.us/img198/504/dscf0775c.jpg (http://img198.imageshack.us/i/dscf0775c.jpg/)

Statut légal :

Proposition de la SSN (2004) à l’attention de la CITES :

http://www.ssn.org/Meetings/cop/cop13/Factsheets/SSNCOP13_reptiles_EN.pdf

Cop. 13 Prop. 27 entérinée par la CITES pour la classification en annexe II :

http://www.cites.org/common/cop/13/inf/E13i-32.pdf

Annexe B Européenne (règlement CE 338/97 modifié en 2004 –CE 1332/2005 suite à la classification en annexe II CITES) :

http://www.mincomes.it/cites/normativa_moduli_francesi/reg1332_05fr.pdf

Etude d’impact commandée par l’Union Européenne sur la commercialisation d’espèces malgaches de reptiles et prix constatés auprès des importateurs :

http://www.francoandreone.it/docs/Andreone_Mattioli%20et%20al._NATURA.pdf

Suspension d’importation pour l’UE des spécimens de source sauvage (W) :

CITES - Convention de Washington - Décisions UE (http://cites.ecologie.gouv.fr/v1/pages/decisions_ue.asp?pays=926&rubsearch=uroplatus&page=-1)



Comme on le voit, les espèces du genre Uroplatus ont désormais un commerce très strictement réglementé, et c’est là tout à fait logique : après plusieurs années d’exploitation intensive et de profits importants pour les importateurs et les commerçants (prix moyen à l’achat pour un particulier avant 2004 : en magasin 110 à 150 €, en bourse 70-90 €, prix payé à l’importateur 30 à 50 €), cette espèce très localisée a fini par inquiéter les spécialistes mondiaux de la CITES. Désormais l’espèce est en annexe II CITES/ Annexe B européenne, ce qui signifie :

-obligation pour tout achat de spécimens issus de pays hors Union Européenne d’établir un certificat de cession mentionnant espèce, nombre de spécimens, sexe s’il est connu, noms et adresses du vendeur et de l’acheteur, en faisant clairement figurer sur ce document même un numéro de CITES (attribué en France par les DIREN), le tout daté et signé. Il est préférable d’inclure à ce document une ou plusieurs photographies des spécimens afin d’en faciliter l’identification en cas de contrôle.

-si les spécimens sont nés au sein d’un pays de l’Union européenne, un certificat de cession comportant les éléments précités mais sans numéro de CITES, avec à la place une mention de l’éleveur attestant que les spécimens sont bien nés dans son élevage suffit.

De plus, et jusqu’à nouvelle mesure, pour l’Union Européenne, l’importation de spécimens sauvages de Madagascar est désormais totalement interdite (mesure reconduite en Mai 2009 par la CITES).

Il faut être très vigilant aux appellations données par certains commerçants : « né en captivité » peut vouloir dire « issu de fermes d’élevages à Madagascar » ,or ces spécimens voyagent exactement comme le feraient des animaux importés et sont soumis aux mêmes aléas depuis leur naissance (contact avec parasites et maladies tropicales) jusqu’à l’arrivée en Europe (longue attente à la douane, mortalité élevée pendant le transport). Au sens de la plupart des terrariophiles, né en captivité signifie né en élevage près de nos frontières. Il faut donc être attentif sur le fait qu’un spécimen vendu comme NC ne l’est normalement pas avec un numéro de CITES, si on exige une certaine qualité « made in Europe ».

De plus, les fermes d’élevage malgaches produisant des Uroplatus sont très peu nombreuses : Ferme des papillons de Pereiras à Marozevo (tel. 00 261 22 271 30 ) est la seule à en faire naître régulièrement sur la Grande Ile, ce qui rend d’emblée l’offre en « farming » très limitée (les américains se taillant la plus grosse partie du gâteau) et tout spécimen dit « de farming » doit être considéré avec précautions, tant les trafics de la faune malgache sont importants. Certaines personnes peu scrupuleuses feront volontiers passer des animaux prélevés en pleine nature en fraude pour les revendre ensuite sous cette appellation de farming. Les peines pour les trafics sont lourdes, ainsi que pour les fraudes cependant elles ne découragent pas encore les mafias animalières.

Récemment, on a vu apparaître sur le marché un nombre suspect d’ Uroplatus en provenance de Suisse, pays qui n’a pas ratifié la suspension d’importation confirmée par l’UE en 2006 :il s’agit pour la plupart d’animaux importés vendus frauduleusement sous l’appellation « nés en captivité ». Rappelons que le transit entre la Suisse et un pays membre de l’UE comme la France ou la Belgique d’ Uroplatus d’origine sauvage est totalement interdit et illégal.

La meilleure solution, de loin, consiste à se procurer des spécimens nés en captivité dans des élevages européens. Ils sont peu nombreux et la demande est très forte, depuis 2004 les prix ont largement grimpé (+100% d’augmentation voire davantage) mais quelques allemands, néerlandais ,français, belges, italiens et tchèques proposent des animaux en bonne forme, NC et de qualité. Au vu du marché actuel et de la très faible offre, la présence d’ Uroplatus en magasin spécialisé s’accompagnera soit de tarifs élevés, soit de doutes sur la provenance des spécimens : rares sont en effet les éleveurs qui peuvent aisément vendre 200€ un jeune henkeli non sexé né chez eux qui les cèderont pour moitié moins à de sympathiques commerçants !



Biotope, Ecologie et Mœurs

Le biotope de ce gecko est orienté vers la côte Ouest de Madagascar face au continent africain. Il descend depuis les massifs montagneux du Nord de la Grande Ile vers le niveau de la mer, avec comme on l'a vu au chapitre précédent l'essentiel des populations à une altitude peu élevée.

Le courant chaud de Mozambique amène beaucoup d’humidité et de chaleur, cependant les vents dominants ont tendance à rendre cette partie de l’île relativement plus sèche que la côte Ouest à la pluviométrie dépassant les 2000 mm/an. Le sol est principalement sédimentaire avec des dépôts de marnes et calcaires tertiaires et quaternaires, contrastant là encore avec les roches métamorphiques anciennes du centre et de l’Ouest. Cette partie du monde connaît deux saisons : saison « sèche » d’Avril-Mai à Octobre, et saison humide et plus chaude de Novembre à Mars.

Le tableau suivant met en évidence la faible amplitude thermique tout au long de l'année et un régime pluviométrique avec des différences marquées. Les températures les plus significatives dans les micro-habitats de cette espèce sont les valeurs moyennes et non extrêmes: ce geckonidé est en effet protégé des températures les plus chaudes par le fait de résider dans les habitats les plus humides de la zone, et le couvert végétal des forêts primaires apporte de l'ombre qui maintient les températures largement sous les seuils maximaux indiqués.

http://img42.imageshack.us/img42/4285/climatmada1.jpg (http://img42.imageshack.us/i/climatmada1.jpg/)

A l'état sauvage, U. henkeli vit dans les restes de forêts ombrophiles primaires et dans certaines zones cultivées ou reboisées. Il arrive même parfois de le trouver sur un poteau de case dans un village. Le jour, il se repose en position verticale tête vers le bas sur les fûts des grands arbres, relativement près du sol: les rapports d'observation en milieu naturel montent qu'il préfère rester à des hauteurs comprises entre 1 et 3 mètres au-dessus du sol. De grosses branches basses peuvent également servir pour le repos diurne. Les replis dermiques le long de son corps lui assurent un camouflage parfait contre l'écorce. Sa coloration cryptique peut en outre s'adapter au support, le rendant très difficile à déceler. Les espèces d'arbres à écorce lisse sont utilisées de préférence aux espèces à troncs rugueux.

Détail d'un tronc envahi de lianes dans une forêt de Nosy Bé:

http://img193.imageshack.us/img193/2754/thumb0f7370539962885d25.jpg (http://img193.imageshack.us/i/thumb0f7370539962885d25.jpg/)

Spécimen au repos en milieu naturel:

http://img196.imageshack.us/img196/124/uroplatus2.jpg (http://img196.imageshack.us/i/uroplatus2.jpg/)

La déforestation et les cultures traditionnelles sur brûlis détruisent la forêt primaire et réduisent donc les habitats de l'espèce de façon dramatique, ici à Antsohihy au Nord-Est de Madagascar.

http://img39.imageshack.us/img39/2448/antsohihynemada.jpg (http://img39.imageshack.us/i/antsohihynemada.jpg/)

Forêt-galerie à Lokobé, île de Nosy Bé:

http://img195.imageshack.us/img195/7637/1295320076a85a7c35fe.jpg (http://img195.imageshack.us/i/1295320076a85a7c35fe.jpg/)

Brousse semi-forestière à baobabs dans l'arrière-pays de Diego-Suarez:

http://img132.imageshack.us/img132/880/397265boababsdiegosuare.jpg (http://img132.imageshack.us/i/397265boababsdiegosuare.jpg/)

Montagne d'Ambre (réserve nationale), deux vues d' habitats naturels d' Uroplatus henkeli:

http://img196.imageshack.us/img196/1843/cascademontagneambremad.jpg (http://img196.imageshack.us/i/cascademontagneambremad.jpg/)

http://img195.imageshack.us/img195/9940/397278montagnedambre0.jpg (http://img195.imageshack.us/i/397278montagnedambre0.jpg/)

Sous ces latitudes, le rythme des jours et des nuits (rythme nycthéméral) varie peu tout au long de l'année. A l'état sauvage, il est rare de voir ce gecko actif le jour. En captivité, l'absence de prédateurs rend les choses un peu différentes, les animaux acceptant parfois de chasser en plein après-midi (obs. pers.). Son activité commence presque immédiatement après la tombée de la nuit. A ce moment, le taux d'humidité monte, et la température diminue légèrement. L'animal quitte alors son support pour partir en chasse. Juste avant l'attaque, il marque un temps d'arrêt avec fréquemment des mouvements lents de la queue, un léger mouvement de recul de la tête pour mieux viser et une tension de tout le corps aisément perceptible pour un observateur extérieur. Il ne poursuit pas les proies mais préfère rester de longs moments immobile à l'affût d'une proie à sa portée, et dès que son champ de vision élargi détecte un insecte, il saute alors avec une vigueur considérable pour capturer sa proie dans ses mâchoires, avec une telle violence qu'il peut parfois se blesser en se réceptionnant sur un support trop dur. Il peut facilement broyer des insectes à carapace dure, et sa très grande bouche peut engloutir des proies d'une taille surprenante. Il semble privilégier les proies d'assez grande taille: serait-ce un instinct de « rentabilisation » de son effort lors de la chasse? Toujours est-il que les proies de trop petite taille sont généralement ignorées.

Il avale avec voracité de grands insectes, des araignées, d'autres arthropodes de ce milieu forestier. Des observations en captivité (MEISTER, 2001) ont montré qu'il adoptait même une attitude de chasse lorsqu'il est mis à proximité de geckos plus petits!

En terrarium, il accepte à condition qu'on lui mette sur le museau les compotes de fruits sucrés et même du yaourt (obs. pers.), on peut donc imaginer qu'il lui arrive parfois de lécher la pulpe des fruits tombés. C'est par ailleurs une excellente source d'hydratation pour une espèce particulièrement vulnérable aux pertes hydriques. Il absorbe l'eau en léchant les gouttes de pluie et de rosée sur la végétation, et il boit aussi en se léchant régulièrement les yeux lorsque des gouttes d'eau s'y déposent; le léchage des yeux est également le moyen courant chez les geckos « vrais » sans paupières pour se nettoyer la couche superficielle de la cornée.

Les populations de Madagascar craignent ce gecko et ont des superstitions totalement infondées: il serait selon eux capable de s'accrocher à la poitrine d'un homme pour lui « aspirer l'âme », s'accrocher dans les cheveux sans qu'il soit possible de le retirer, et d'être un « diable » qui porte malheur. C'est sans nul doute l'une des multiples menaces pesant sur l'espèce. Il est évident qu'au nom de ces superstitions, les populations locales en tuent exactement comme on tuerait par peur une araignée.

Pourtant, son régime alimentaire en fait un animal utile pour l'homme. A Madagascar, nombreuses sont les espèces d'insectes et d'arachnides nuisibles voire dangereuses.

Outre l' Homme, ce gecko est la proie de nombreuses espèces animales. Les grandes espèces de lémuriens comme le maki sont connues pour consommer des lézards de sa taille, de nombreux colubridés arboricoles malgaches (par exemple Langaha sp. ) se nourrissent également de juvéniles. Il faut ajouter à cela les rapaces nocturnes s'attaquant surtout aux geckos en mouvement, voire au plus grand carnassier endémique, le foussa ( Cryptoprocta ferox).

Phymateus leprosus, un orthoptère malgache entrant dans le spectre nutritionnel d' Uroplatus henkeli:

http://img20.imageshack.us/img20/9756/phymateusleprosusmadaga.jpg (http://img20.imageshack.us/i/phymateusleprosusmadaga.jpg/)

Gromphadorrhina portentosa, la célèbre blatte souffleuse de Madagascar, consommée aux premiers stades de son développement:

http://img42.imageshack.us/img42/8540/gromphadorrhina.jpg (http://img42.imageshack.us/i/gromphadorrhina.jpg/)

Le foussa:

http://img44.imageshack.us/img44/436/foussa.jpg (http://img44.imageshack.us/i/foussa.jpg/)

D'un point de vue plus général, on a parfois comparé les Uroplatus aux caméléons à cause de la lenteur de leurs mouvements. Cependant, ils sont capables de bonds soudains qu'un caméléon ne pourrait pas faire. Les Uroplatus henkeli sont strictement arboricoles, il est très rare de les observer à terre, un séjour prolongé au niveau du sol signifiant souvent que l'animal est mal en point. De même, un spécimen actif le jour dans son milieu naturel le sera uniquement s'il est dérangé, stressé, ou si les conditions climatiques exigent qu'il change de lieu pour se thermoréguler.

Description de l'espèce:

http://img28.imageshack.us/img28/681/dscf1963a.jpg (http://img28.imageshack.us/i/dscf1963a.jpg/)

http://img194.imageshack.us/img194/6840/dscf0913m.jpg (http://img194.imageshack.us/i/dscf0913m.jpg/)

Ci-dessus: femelle dans une position acrobatique; en bas, spécimen au repos dans une posture typique sur une vitre de son terrarium.

Uroplatus henkeli est un grand gecko. La longueur totale adulte mentionnée dans la littérature va jusqu'à 290 mm. Pour ma part, j'ai une femelle adulte de 240 mm de long, et deux mâles dont l'un a une queue de repousse avec 185 mm au total, l'autre mâle fait environ 200 mm mais il n'a pas encore tout à fait terminé sa croissance. A la sortie de l'oeuf, un juvénile fait en moyenne 70 mm, les adultes de manière générale entre 210 et 290 mm. La queue compte pour approximativement un tiers de la longueur totale. Elle est large et plate, constituée par une « tige » centrale fortement innervée et pourvue de vertèbres, de chaque côté un repli dermique épais aux bords dentés et irréguliers forme l'essentiel de sa surface. Elle est utilisée comme balancier lors des sauts. Lors de manipulations, j'ai pu remarquer qu'elle avait des propriétés faiblement préhensiles, et qu'elle pouvait s'enrouler autour d'un support. L'espèce pratique l'autotomie caudale totale, c'est-à-dire que la queue ne peut se détacher que dans son intégralité. Les queues de repousses sont nettement moins longues, aux bords lisses, et leur ornementation plus simple, elles sont aussi moins mobiles. Cette autotomie sert à distraire des prédateurs et d'après mes observations n'est pas facilement déclenchée, toutefois on ne saurait trop inciter à la prudence.

Le corps est légèrement aplati latéralement et apparaît voûté de profil. Sa section est de manière très approximative, trapézoïdale.

Les pattes sont assez longues et robustes, elles se terminent par des doigts disposés en éventail (d'où l'ancienne synonymie avec les geckos du genre Ptyodactylus). Elles sont bien adaptées à de brusques bonds pouvant aisément attendre une longueur de deux mètres. Leur extrémité est en forme de palette arrondie et sous chaque orteil, de nombreuses rangées de lamelles « adhésives » pourvues de setae donnent à l'animal une assise solide sur les supports les plus lisses.

La tête est très allongée, en particulier au niveau du museau qui se termine par un arrondi. Les orifices auditifs externes sont clairement visibles de chaque côté de la tête. La bouche peut s'ouvrir très largement sur une vaste cavité buccale aux muqueuses rose chair. Cette cavité permet l'ingestion de grosses proies comparativement à la taille totale de l'animal. Les dents sont de type acrodonte et remplacées quand elles tombent. La mâchoire est puissante et l'animal utilise volontiers les morsures pour se défendre. Le comportement défensif typique consiste en une ouverture béante de la bouche, le gecko arque son dos, agite lentement la queue à la manière d'un chat et se campe sur ses pattes pour paraître plus gros. Certaines sources (SVATEK & VAN DUIN, 2001) parlent du cri particulièrement impressionnant que cette espèce peut produire, je n'ai personnellement jamais entendu la moindre forme de vocalisation en deux ans de maintien de l'espèce. U. fimbriatus semble plus prompt à donner de la voix, à la manière d'un chat dont on marcherait sur la queue. Il est vrai que pour l'instant, tous mes spécimens ont été maintenus seuls, et n'ont donc pas eu l'occasion d'émettre des vocalisations à destination de congénères.

Les yeux sont proéminents, très globuleux et très grands, ils constituent l'un des multiples attraits de l'espèce. Au repos ils sont renfoncés dans les orbites et on voit alors à leur périphérie une frange dentelée de peau. Leur couleur peut changer selon les moments, du blanc crème en passant par le jaune doré, mas le plus souvent ils apparaissent rouge-orangé avec des méandres de lignes très fines entrecroisées sur l'iris, sans disposition régulière (contrairement aux yeux de U. fimbriatus, chez qui ces lignes sont plus épaisses, non chevauchées et surtout disposées en arcs de cercle concentriques autour de la pupille). La pupille est verticale, bien adaptée à la vision nocturne. Sous de fortes luminosités elle se réduit à une mince ligne verticale entrecoupée de petits traits perpendiculaires. Le champ de vision est très étendu sur les côtés mais pas à l'exacte horizontale de la pointe du museau. Ces animaux, comme tous les geckos, distinguent les couleurs et ont une excellente vision nocturne. Au cours de l'évolution, les paupières se sont soudées pour former une lunette cornéenne transparente protectrice.

Au niveau de la gorge, les adultes stockent le calcium dans des poches appelées sacs endolymphatiques.

http://img19.imageshack.us/img19/4361/dscf7886.jpg (http://img19.imageshack.us/i/dscf7886.jpg/)

Un autre trait marquant de l'espèce est la frange dermique semblant découpée dans de la dentelle, aux bords irréguliers, formant une « barbe » sous la mâchoire inférieure chez les deux sexes, continuant sur toute la longueur du corps et des pattes. Cette frange fait environ 3-4 mm de large. Lorsque l'animal est plaqué contre un support, elle lui permet d'en épouser parfaitement la forme et de ne projeter aucune ombre, un atout de plus pour le camouflage.

La couleur de la face ventrale est d'un blanc éclatant. La coloration dorsale est très variable d'un individu à l'autre. On connaît des spécimens présentant de larges taches imitant le lichen, d'autres uniformément gris-brun. L'un de mes mâles a en certaines circonstances des marques dorsales entre le vert-de-gris et le vert clair, l'autre mâle présente de petites taches orange vif. Cette espèce est capable de brusques changements de couleur sous l'effet d'un stress, d'un changement de température ou d'éclairage. Le jour, la robe apparaît relativement uniforme, mais dès que la nuit tombe on peut alors observer une livrée bien plus contrastée mettant en évidence les marquages propres à chaque sexe.

Dimorphisme sexuel:

http://img12.imageshack.us/img12/8269/dscf8722x.jpg (http://img12.imageshack.us/i/dscf8722x.jpg/)

Ci-dessus: les renflements hémipéniens d'un mâle.

Il est aisé de distinguer le sexe des adultes. Les mâles ont des renflements proéminents juste sous le cloaque, à la base de la queue.

De plus, les deux sexes présentent des différences marquées de coloration. Le jour, la robe des femelles est beaucoup plus claire, allant du gris perle au beige clair, alors que les mâles peuvent arborer des bruns et des gris très foncés. Un marron riche et soutenu est typique des mâles.

De nuit, ou sous l'effet d'une excitation, les marquages propres à chaque sexe deviennent évidents. Les mâles présentent de larges taches au contour irrégulier sur le dos, en rangées parallèles perpendiculairement à la colonne vertébrale. Les femelles sont dépourvues de telles taches, à la place elles présentent une multitude de petits points sombres. Les deux sexes présentent par contre des points sombres plus gros sur la tête et le museau, et de plus petits sur les pattes.

Mâle:

http://img198.imageshack.us/img198/2971/dscf2572v.jpg (http://img198.imageshack.us/i/dscf2572v.jpg/)

Variations de coloration de la femelle en l'espace de 10 minutes:

http://img10.imageshack.us/img10/6189/dscf2551w.jpg (http://img10.imageshack.us/i/dscf2551w.jpg/)

http://img25.imageshack.us/img25/2992/dscf2566y.jpg (http://img25.imageshack.us/i/dscf2566y.jpg/)

Ici, la femelle via les mélanocytes du derme a adapté sa coloration en fonction de celle du nouveau support sur lequel je l'ai placé.

Femelle sous l'effet de l'excitation:

http://img11.imageshack.us/img11/664/dscf2546a.jpg (http://img11.imageshack.us/i/dscf2546a.jpg/)

La même femelle, en repos diurne en terrarium:

http://img26.imageshack.us/img26/1095/dscf2006q.jpg (http://img26.imageshack.us/i/dscf2006q.jpg/)


Sexer des jeunes henkeli de quelques mois s'avère par contre beaucoup plus difficile. Voici cependant quelques "trucs" pour reconnaître le sexe des jeunes:

-Un jeune mâle de 3-4 mois:

http://img3.imageshack.us/img3/8584/dscf9623.jpg (http://img3.imageshack.us/i/dscf9623.jpg/)

Notez les "barres" de larges points sombres sur le dos; une femelle n'aurait pas de tels marquages, mais des points nettement plus petits et éparpillés, ou pas de marquage sombre du tout en plein jour.

-Une particularité propre à U. henkeli que j'ai remarquée et qui m'a été confirmée par un éleveur mondialement reconnu (Neil Meister, comm. pers.):

http://img145.imageshack.us/img145/8540/dscf3329.jpg (http://img145.imageshack.us/i/dscf3329.jpg/)

Il y a entre les renflements hémipéniens et la queue proprement dite un petit espace étroit constituant la "base" de la queue...ici la photo montre des adultes, mais on le verrait aussi bien sur des juvéniles. De chaque côté de cet espace, on remarque des écailles en forme d'épines. Celles-ci sont plus développées en longueur et en largeur chez les mâles et un mâle a généralement 3-5 rangées de telles écailles, alors qu'une femelle n'en aura que 2-4. Ceci reste relativement aléatoire mais peut aider en cas de doute.

Maladies et soins:

Théoriquement, tous les individus mis en vente en France et dans la communauté européenne sont nés en captivité (voir chapitre législation). Cela ne signifie pourtant pas une absence totale de parasites. Les insectes utilisés pour l'alimentation peuvent être un vecteur parmi d'autres de parasitoses en captivité. Au moindre doute, on fera procéder sous contrôle vétérinaire à au moins deux analyses de selles espacées de 2 à 3 semaines pour déceler d'éventuels parasites internes. La présence de parasites internes ou externes justifie d'une consultation rapide chez un vétérinaire spécialisé.

Il est impératif de respecter une quarantaine pour des animaux n'ayant pas été maintenus ensemble avant l'achat. La quarantaine se fera dans des terrariums simples, avec du sopalin en guise de substrat. On guettera la moindre anomalie et on s'assurera que les animaux mangent correctement, que les mues se déroulent bien. Un minimum de deux mois de quarantaine semble sage. Une anorexie, des excréments malodorants et/ou à l'aspect inhabituels doivent entraîner également une visite chez le vétérinaire.

Même une fois cette période passée, on veillera à humidifier le terrarium plus que de coutume quand on voit les animaux préparer une mue. Par ma propre expérience, l'espèce semble sujette à des problèmes oculaires si on n'est pas assez vigilant. Ci-dessous, la photo en gros plan d'un ulcère cornéen superficiel mais néanmoins sérieux, qui a empêché toute alimentation normale pendant plusieurs mois.

http://img689.imageshack.us/img689/1922/dscf3295.jpg (http://img689.imageshack.us/i/dscf3295.jpg/)

Parmi d'autres signes qui doivent inquiéter, signalons le cas de spécimens restant longtemps au sol et de façon répétée, des animaux agités en plein jour qui arpentent leur terrarium (souvent le signe de températures trop hautes)... Lors de l'acclimatation, un animal peu actif qui reste en position de repos ne doit pas inquiéter outre mesure. Il faut aussi parfois une ou deux semaines avant que l'alimentation démarre.


Terrarium et maintien en captivité:

A la lumière de ce qui a été dit au chapitre biotope, écologie et mœurs, il importe de souligner deux des points cruciaux à respecter avec Uroplatus henkeli:

-Ils ne supportent absolument pas les températures élevées. Quelques minutes ou quelques heures à 35°C ou plus s'avèreront fatals. Les terrariums en verre exposés directement à la lumière du soleil s'avèreraient mortels à très court terme. Avec cette espèce, les valeurs maximales à ne jamais dépasser sont de 28 à 30°C. Au-delà de ces maximales, les geckos souffriraient d'un important stress thermique, de déshydratation, et cela peut également conduire à la stérilité. A l'inverse, des températures relativement basses (15-18°C) sont très bien supportées, voire appréciées tant qu'elles ne sont pas constantes.

-Un taux d'humidité élevée, au moins pendant la nuit et une partie de la journée, sont indispensables. L'humidité doit être encore plus élevée au moment des mues.

Concrètement, cela implique de bien choisir la pièce dans laquelle seront le ou les terrariums. Cela signifie aussi que si on n'a pas la certitude de ne pas dépasser 30°C au plus chaud de l'été, il faut renoncer à l'acquisition d'adultes de cette espèce. De même, si on ne peut pas assurer des pulvérisations d'eau 365 jours par an, il est sage de ne pas acquérir ces geckos. En cas d'absence, il y a toutefois la possibilité de laisser ses clés à des voisins, des amis ou de la famille qui assureront pulvérisations et tâches d'entretien minimales.

Les nouveaux-nés et juvéniles sont encore plus fragiles et pour eux, le maximum à respecter est de 26-27°C avec des pulvérisations encore plus fréquentes.

De même, plus encore qu'avec la majorité des espèces de reptiles, les manipulations sont préjudiciables à cette espèce. L'espèce compte sur son camouflage pour passer inaperçue, et toute main qui les saisira sera synonyme pour eux d'une agression particulièrement stressante. Si on veut un animal qu'on peut manipuler de temps à autre, il vaut mieux porter son choix sur d'autres espèces. Un Uroplatus trop souvent manipulé déclenchera très facilement des anorexies, pourra même se séparer volontairement de sa queue et déclencher des pathologies très préjudiciables. De plus, les adultes lorsqu'ils sont dérangés sont capables de mordre avec vigueur.

On limitera donc toute intervention à d'éventuels soins vétérinaires. Moins ils seront manipulés, mieux ils se porteront. Cela sera largement compensé par le fait que, contrairement à beaucoup d'espèces nocturnes, on pourra observer ses Uroplatus quasiment en permanence en terrarium, que ce soit la nuit ou le jour. Le soir, on les verra actifs et en chasse une fois l'éclairage du terrarium éteint, et le jour, la plupart du temps ils se reposeront tête en bas sur une branche, un bambou ou une écorce bien en évidence...à condition d'avoir des yeux exercés à percer leur camouflage!

U. henkeli est avec U. guentheri l'espèce la plus tolérante en matière de températures un peu élevées, d'oubli ponctuel du propriétaire pour les pulvérisations et l'une des plus « faciles » du genre. Les guillemets sont là pour souligner que cette facilité est toute relative et qu'une expérience préalable avec d'autres geckos arboricoles, et/ou avec des espèces se maintenant à températures basses, est plus que souhaitable. Des erreurs répétées dans le maintien, l'agencement du terrarium, les paramètres ou les manipulations conduiront dans beaucoup de cas au décès des animaux.

Au-delà de ces considérations de base, les écrits et les pratiques montrent qu'il n'y a pas une, mais plusieurs façons d'envisager les conditions de captivité de l'espèce, et qu'il ne faut pas toujours prendre ce qu'on lit ici et là au pied de la lettre.

-Terrarium:

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Il n'y a pas de règle absolue en la matière, mis à part l'utilisation exclusive de terrariums en verre ou en bois traité contre les fortes humidités, les flexariums et autres terrariums en grillage pour caméléons ne conviennent pas du tout. SVATEK & VAN DUIN (2001) préconisent pour un couple d'adultes un minimum de 80x80x150 cm, la hauteur devant être privilégiée sur les autres dimensions. MEISTER (2001) affirme quant à lui qu'un terrarium pour U. henkeli aura une surface minimale au sol de 0,6 m² (soit par exemple 100x60cm) pour une hauteur comprise quelque part entre 100 et 250 cm! Dans le même article, il souligne cependant qu'il a maintenu et reproduit avec succès des henkeli dans un terrarium de 60 cm de haut. D'autres éleveurs expérimentés maintiennent les leurs dans des terrariums beaucoup plus petits avec succès.

Pour ma part, j'avais laissé une femelle seule dans un 50x50x115 pendant plusieurs semaines. Avant cela, elle se nourrissait avec voracité dans un espace bien plus petit, mais une fois dans le nouveau terrarium, elle a commencé à avoir du mal à localiser les proies et prenait le chemin de ne plus se nourrir du tout quand j'ai décidé de la remettre dans le terrarium d'origine, de 60 cm de haut pour 45x45 au sol: dans les jours qui ont suivi, elle a repris une alimentation tout à fait normale! J'ai répété l'expérience avec un mâle et il s'est passé exactement la même chose. Certains, pour pallier à ce problème de localisation des proies, préconisent un « plat à nourriture » dans le terrarium, autrement dit un récipient dans lequel on laisse les proies vivantes et duquel elles ne peuvent pas s'échapper; je n'y suis cependant pas très favorable pour deux raisons. Cela suppose que les geckos fassent moins d'exercice pour chasser, ce qui n'est pas forcément très bon, et si on devait se passer de ce système, il pourrait être difficile de les habituer à nouveau à chasser des proies laissées en liberté dans le terrarium. D'autre part, lors de la chasse ces geckos accomplissent des sauts violents, et il est toujours possible qu'ils se blessent le museau s'ils se heurtent aux bords durs d'un récipient.

En conclusion, il faut s'adapter à ses animaux. Si on voit que ses adultes chassent très bien dans un grand terrarium (50x50x100 et plus), il ne faut pas hésiter à leur donner le plus de place possible, en privilégiant la hauteur. S'ils semblent un peu perdus dans un grand espace, mieux vaut les laisser dans un habitat beaucoup moins vaste (45x45x60).

Les terrariums entièrement grillagés sur le dessus ou sur un côté ne conviennent pas. L'évaporation serait trop importante. Il faut dans ce cas condamner au moins la moitié de la surface du grillage. Une bonne ventilation est cependant très importante, afin que dans l'environnement très humide de l'espèce les champignons et les bactéries ne se développent pas de façon intempestive.

Ces geckos ayant une certaine force, il est prudent de prévoir un système de fermeture pour éviter les évasions (serrures spécial terrariums ou fermetures type Exo-Terra®) ou d'avoir des vitres coulissantes à l'avant trop lourdes pour être ouvertes par les henkeli.

Température, chauffage et éclairage:

Idéalement, les températures de la pièce d'élevage seront de 20-22°C avec quelques degrés de plus aux beaux jours et quelques degrés de moins la nuit. Au-delà de cela, une simple lampe de faible puissance sera suffisante pour assurer un point chaud localisé dans le terrarium. Les câbles et tapis chauffants utilisés pour le maintien d'autres reptiles peuvent s'avérer dangereux, même en étant reliés à un thermostat. Si sa pièce est vraiment trop froide (moins de 15°C) on disposera alors à l'extérieur du terrarium un cordon chauffant de 15 ou 25W contre le mur arrière, en le fixant par exemple avec des ventouses, et on n'omettra pas de le relier à un thermostat fiable (les Hydor® présentent un bon rapport qualité-prix). Dans tous les autres cas, on s'abstiendra d'utiliser ce type de chauffage.

Le choix de la lampe chauffante n'est pas si évident qu'il n'y paraît. Il faudra choisir la puissance en Watts de celle-ci pour obtenir un point chaud localisé entre 26 et 28°C le jour, pour une température de l'air ambiant variant entre 22 et 26°C dans le reste du terrarium. Selon la taille du terrarium, des puissances de 13,25 (ou 26), ou 40 watts (maximum conseillé pour éviter une surchauffe des animaux) seront utilisées; j'ai même utilisé une ampoule de 7,5W pour réfrigérateur pour le petit terrarium de l'un de mes mâles!

Le plus simple et le plus sage est de préparer le terrarium plusieurs jours à l'avance et de faire des tests avec différentes puissances de lampes pour voir quelle puissance permet d'obtenir au mieux les températures voulues. Il vaut mieux tendre vers les valeurs minimales (22-23) °C que de vouloir trop chauffer. Tant que les geckos peuvent aller s'ils le souhaitent bénéficier de quelques degrés de plus sous l'ampoule, l'essentiel est là.

En été, lors de jours chauds, il peut être impératif d'éteindre tout chauffage y compris la lampe. Cela évitera des accidents mortels et l'absence d'éclairage artificiel pendant quelque temps ne nuira pas aux animaux.

Concernant le spectre lumineux, là encore il y a discussion. Certains éleveurs partent du fait que ce sont des animaux nocturnes et qu'ils n'ont absolument pas besoin d'une source d' UVB. D'autres arguent que ces geckos s'exposent le jour aux rayons solaires en recevant les rayons solaires, et qu'une source d' UVB « ne peut pas nuire » (sic). Ces UVB, pour être un tant soit peu efficaces, ne doivent pas être placés à plus de quelques dizaines de centimètres des animaux. Je serai pour ma part beaucoup plus nuancé et prudent.

Depuis que je maintiens l'espèce, j'ai eu deux cas d'ulcères cornéens en utilisant des UVB. L'un des cas s'est soldé après plusieurs semaines de soins par la mort d'un mâle, l'autre cas par environ 6 mois de traitements et de récidives avant que je ne soupçonne l'éclairage UVB d'être responsable de ces problèmes d'yeux et que je change l'ampoule UVB, diffusant une lumière blanche très vive, par une lampe sans UVB et à l'intensité lumineuse beaucoup moins forte. Ces geckos ont des yeux particulièrement grands et protubérants, non protégés par des paupières ou par des écailles suboculaires donnant un peu d'ombre sur la cornée. Je préconise donc des lampes à la luminosité modérée, des ampoules dépolies, voire des spots ou ampoules colorés et moins agressifs que la lumière vive blanche. Gardons à l'esprit que dans leur habitat naturel, les rayons solaires sont souvent filtrés par le feuillage des arbres. Il est important que ce soient des lampes émettant au moins un peu de lumière: l'utilisation de lampes chauffantes céramique qui n'éclairent pas du tout, chauffent fort et assèchent l'air serait désastreuse avec ces animaux. Les « Daylight Blue », « Night Glo » et autres lampes moins chères au verre coloré, de la puissance voulue, conviendront. Il faut à côté de cela, surtout si on ne met pas d' UVB, amener dans l'alimentation des quantités nécessaires et suffisantes de calcium et de vitamine D3. Nous y reviendrons au chapitre alimentation.

Dans tous les cas, 5% d' UVB constituent un maximum si on souhaite malgré tout en utiliser. 2% ne sert à rien. Il faut alors disposer des perchoirs à une vingtaine de centimètres de la source d' UVB et multiplier les zones ombragées dans le terrarium.

La nuit, chauffage et éclairage seront coupés. L'idéal est alors d'atteindre 16 à 20°C la nuit, cette baisse est importante pour le bien-être des animaux. La majeure partie de la nuit, ils seront laissés dans le noir total, ou avec un éclairage faible de la pièce. Leur habitat n'étant pas très éloigné de l'équateur, l'amplitude annuelle jour-nuit n'est pas très grande. 11 heures de luminosité et de chauffage la nuit en hiver et 13 heures en été, ou 12 heures tout au long de l'année, conviendront parfaitement. On utilisera des programmateurs pour assurer la régularité du rythme nycthéméral.

Lors des beaux jours, il est possible à la condition expresse que les températures soient telles que celles mentionnées ici (amplitude nuit-jour de 15 à 28°C, ni plus, ni moins) de sortir les animaux à l'extérieur. On prendra garde dans ce cas à ne jamais les mettre en plein soleil et à les protéger efficacement contre les prédateurs: oiseaux, chats, belettes...Ces sorties leur seront extrêmement bénéfiques pour peu qu'on prenne aussi soin de les hydrater très régulièrement via des pulvérisations. On pourra par exemple utiliser des choses de ce type, à accrocher aux branches sous le couvert des feuilles, en y incluant quelques branches à l'intérieur et de la mousse humide au fond (ici, « Korall Fisk » Ikéa®):

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Des « cages » à suspendre en grillage très fin conviendront aussi, à condition de s'assurer que rien ne peut blesser les animaux et qu'ils ne peuvent pas s'échapper.

-Humidité:

En temps normal, une séance de pulvérisations d'eau à température ambiante de la pièce -attention à l'eau trop froide ou trop chaude susceptible de provoquer des chocs thermiques- tous les soirs après l'extinction de la lampe chauffante sera suffisante.

Si la température ambiante de l'air atteint 27-30°C il faudra alors passer à deux à six pulvérisations par jour.

On prendra garde à ce que le sol ne soit jamais détrempé. Cela nuirait à la qualité de l'air et surtout favoriserait le développement de moisissures.

C'est la raison pour laquelle les brumisateurs et autres systèmes automatiques d'arrosage sont fortement déconseillés. Les brumisateurs à ultrasons chauffent l'eau brumisée trop fort et à la moindre défaillance le sol du terrarium peut se transformer en marécage. Les pulvérisateurs manuels pour les plantes d'appartement conviennent parfaitement.

Il faut être rigoureux pour ne pas oublier ces pulvérisations et les animaux recevront eux aussi les pulvérisations, ainsi ils pourront directement lécher les gouttes d'eau pour s'abreuver. Ces animaux se déshydratent très vite surtout quand il fait un peu chaud et un manque d'humidité mènera quasiment à coup sûr à des problèmes sérieux, mauvaises mues entre autres.

On laissera cependant le terrarium s'assécher en journée pour reproduire au mieux les conditions naturelles. Une hygrométrie constamment très élevée serait une erreur.

Concernant les hygromètres, je n'en utilise jamais. Trop souvent, ces appareils donnent des mesures erronées qui mènent à des erreurs de maintien. Tant qu'on procède à d'abondantes pulvérisations comme expliqué plus haut, tout ira bien.

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-Aménagement du terrarium:

Le substrat sera constitué d'humus de coco, de tourbe blonde, ou d'un mélange des deux. Les copeaux de toutes sortes, les terreaux de jardinerie sont à éviter absolument, ainsi que la vermiculite parfois utilisée comme partie du substrat dans les terrariums très humides. Ce substrat sera disposé sur une épaisseur d'au moins 5 cm et maintenu toujours légèrement humide, sans excès. On peut éventuellement le couvrir de sphaigne, de mousse de forêt bien lavée et sans impuretés ni brindilles pointues, ou de feuilles mortes préalablement lavées et stérilisées au micro-ondes.

Je ne saurais trop conseiller l'utilisation de panneaux de liège aggloméré ou naturel pour couvrir le mur du fond et les parois latérales du terrarium. Créer un espace bien délimité de cette manière permet aux animaux de se sentir plus en sécurité et de réduire leur stress. On peut aussi utiliser des plaques de polystyrène gris ou couleur écorce, mais je les trouve nettement moins esthétiques que le liège.

Un récipient d'eau est utile, ne serait-ce que pour augmenter l'humidité ambiante par évaporation. Certains spécimens ne vont jamais y boire, préférant lécher les gouttes d'eau lors des pulvérisations, mais d'autres vont s'y abreuver abondamment; les besoins en eau de ces geckos sont très conséquents.

On s'abstiendra d'utiliser des pierres naturelles ou artificielles, et tout élément dur ou piquant. Lors de la chasse, les henkeli peuvent s'y blesser sérieusement. Il n'est pas impossible d'installer une petite fontaine ou une petite cascade artificielle mais dans ce cas il est plus prudent de camoufler la résine dure avec une couche de mousse naturelle ou de liège.

Des branches d'arbres fruitiers, de hêtre ou de chêne sont disposées verticalement et horizontalement. On choisira les plus lisses, si possible avec du lichen dessus. Elles sont indispensables et seront largement utilisées comme lieux de repos ou d'embuscade. On peut également utiliser des lianes naturelles séchées, très esthétiques, et de gros tubes de bambou. Pour des individus adultes, le diamètre des branches, lianes et bambous sera d'au moins 4 cm, plus si possible.

Il faut également multiplier les cachettes. Pour ce faire, les écorces et branches de liège sont idéales, on les placera verticalement contre les « murs » en liège du terrarium. Les noix de coco ne conviennent pas à cette espèce et ne seront pas utilisées.

Les plantes sont aussi un élément essentiel et fourniront d'autres cachettes. On privilégiera les plantes naturelles, celles-ci combinant les avantages: elles aident à maintenir une humidité ambiante élevée, elles assainissent l'air et font de bons sites de ponte. La fougère tropicale Asplenium nidus est suffisamment robuste pour ces grands geckos et parfaitement adaptée, je l'utilise pour tous mes terrariums d'Uroplatus. Il est possible d'utiliser des plantes artificielles en « soie » ou en plastique, on y perdra cependant tous les avantages précités. Tillandsia usneoides la mousse d' Espagne ou de l'usnée barbue pendant des branches fourniront des coins d'ombre et seront d'un bel effet esthétique. On pourra également utiliser de petites épiphytes comme les Vriesea.

Les goûts personnels de chacun et la créativité feront le reste pour un terrarium à la fois fonctionnel, comprenant tous les éléments voulus et agréable à regarder. On pourra s'inspirer des photos de biotope pour essayer de rendre au mieux l'aspect visuel du milieu naturel de ces geckos.

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Alimentation:

U. henkeli est un prédateur vorace et il chassera volontiers toute proie en mouvement et à la taille de sa large bouche. A titre purement indicatif, mes adultes peuvent sans problème manger 7 à 10 grillons adultes bimaculatus en un seul repas.

Les juvéniles de la naissance à l'âge de deux-trois mois doivent être nourris tous les soirs, les subadultes entre 3 et 12 mois tous les deux soirs, les adultes deux fois par semaine.

Le nourrissage est à faire le soir, après l'extinction de la lampe et la séance de pulvérisation. Il peut arriver qu'un henkeli accepte d'être nourri en plein jour (obs. pers.) mais ce n'est cependant pas la règle.

Des grillons de taille adaptée peuvent constituer le régime de base, en variant les espèces distribuées. Les criquets sont généralement ignorés.

Beaucoup d'éleveurs utilisent diverses espèces de blattes, je n'ai cependant jamais eu de succès avec ces dernières. Les proies peu mobiles comme les chenilles de teignes de ruche ou les larves de vers de farine, si on les utilise, ne doivent être que des friandises occasionnelles. Un animal affaibli, venant de pondre ou en fin de croissance tirera de grands bénéfices à avoir en plus des insectes un souriceau rose décongelé (éviter de donner du vivant, recraché presque systématiquement) à condition de ne pas en abuser, c'est une nourriture très riche qu'on peut donner tous les 10 jours environ. Cela n'a aucun caractère d'obligation mais c'est un plus, certains de mes individus les acceptent agités au bout d'une pince, pour des individus refusant de s'alimenter au bout d'une dizaine de jours ou plus, les souriceaux peuvent être utilisés en gavage s'il n'y a pas d'autre solution.

Les insectes avant d'être donnés en pâture doivent être correctement nourris pour présenter un apport optimal en protéines, vitamines et minéraux. On donnera aux grillons et blattes des croquettes pour chiens ou chats, de l'orange, de la carotte, de la verdure non traitée hors laitue. En faisant cela, on se dispense presque d'avoir recours aux vitamines du commerce.

Les proies peuvent être laissées dans le terrarium, présentées à la pince ou mises à disposition dans un « plat à nourriture » comme expliqué au chapitre terrarium. Je préfère personnellement les deux premières solutions, il est même possible avec de la patience de présenter les insectes dans le creux de la main. Observer ces animaux en train de chasser à l'affût fait partie du plaisir que procure l'espèce en captivité.

J'utilise systématiquement des suppléments contenant du calcium, surtout pas de phosphore, et un peu de vitamine D3. Le Miner-All I est idéal au niveau de sa composition et colle bien aux proies. Il ne contient pas d'autres vitamines à part la D3 mais en nourrissant bien en amont les insectes, je n'ai jamais constaté la moindre carence. L'orange donnée aux insectes amène la vitamine C, les carottes la vitamine A, et les croquettes plusieurs types de vitamines B ainsi que la vitamine E. Varier les types de proies permet également de prévenir les carences. Attention, les juvéniles de moins de 3 mois supportent très mal les suppléments vitaminiques et on ne doit leur apporter que du calcium et de petites quantités de vitamine D3. Ils peuvent mourir de surdose avec les autres vitamines (comm. pers. de plusieurs éleveurs).

Avec un animal refusant de s'alimenter, on réduira la taille du terrarium, on ne présentera qu'une proie le premier soir, si elle n'est pas consommée on la retirera au matin et on répètera la procédure jusqu'à ce que l'animal mange à une fréquence normale avec un nombre de proies satisfaisant au vu de sa taille. Le gavage est vraiment un dernier recours avec cette espèce très sujette au stress et il faudra une fois qu'on l'arrête de la patience pour que l'animal chasse à nouveau.

Les femelles avant et surtout après la ponte seront nourries plus abondamment que d'habitude. Les escargots, mangés avec la coquille, sont un mets de choix pour une femelle reproductrice ou des spécimens carencés en calcium. N'importe quelle espèce d'escargot terrestre convient, pour peu que la coquille ne dépasse pas 1 cm de diamètre. On évitera de récolter des escargots dans les jardins, parcs et champs risquant d'avoir été traités aux pesticides, cela aurait des conséquences très graves sur la santé et même la survie des geckos. Pour plus de sûreté, je contacte quand j'en ai besoin des héliciculteurs de ma région qui me fournissent pour un prix très bas des escargots de toutes tailles à la demande, depuis le « naissain » (jeunes de quelques millimètres) jusqu'aux escargots d'1 cm de coquille.

Le conseil qu'on donne souvent chez les lézards en captivité de laisser à disposition un petit récipient avec de l'os de seiche broyé ou du supplément calcique dans le terrarium ne peut pas nuire, j'ai déjà cependant tenté maintes fois l'expérience sans jamais voir mes propres animaux aller y goûter.

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Reproduction

-je rédigerai ce chapitre ultérieurement, quand l'expérience réelle sera vécue avec suffisamment de recul.

Budget:

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Malgré le fait que l'aménagement du terrarium en lui-même soit relativement peu onéreux, c'est une espèce qui n'est pas à la portée de toutes les bourses.

Les mâles seuls sont souvent en surplus, c'est la raison pour laquelle on les vend aux alentours de 150 €, parfois même un peu moins. Les juvéniles non sexés se trouvent à plus ou moins 200 €. Trouver une femelle sexée de façon certaine et vendue seule n'est pas une mince affaire; dans de nombreux cas les éleveurs préfèrent vendre un couple indissociable, les prix pour un couple variant entre 450 et 600 €. Pour le prix d'une femelle seule, enlever de ce dernier prix celui d'un mâle seul. Bien entendu, ce sont là des prix indicatifs susceptibles de varier selon l'offre et la demande.

L'espèce n'est pratiquement plus disponible en magasin. Ceci est dû au fait qu'avec l'interruption depuis 2006 des imports sauvages, cela n'est plus assez rentable pour les commerçants, ou alors ils seraient forcés de doubler au moins les tarifs actuels des éleveurs. Il faut dans la plupart des cas se déplacer en bourse, et ne pas craindre d'aller loin.

Certains éleveurs que je ne citerai pas ici sont connus pour incuber à des températures élevées pour l'espèce, ce qui produit une très grande majorité de mâles. D'où la rareté relative des femelles et les déceptions pour ceux qui achètent des individus non sexés de se retrouver ensuite avec plusieurs mâles.

Il est évident qu'une telle espèce doit être reproduite en captivité vu sa raréfaction en milieu naturel. Il serait bien peu éthique de ne maintenir qu'un seul spécimen durant toute sa vie sans se donner les moyens de former au moins un couple. Cela suppose de la patience, un bon carnet d'adresses et les moyens financiers qui vont avec.

L'espèce est vorace, on l'a dit; le budget nourriture pour un couple variera beaucoup selon les endroits où on habite, les tarifs des insectes vivants pouvant aller du simple au quadruple. Pour un prix moyen de 3€ la boîte de grillons, le budget nourriture sera d'au moins 15 € par mois, si on tient compte du prix des suppléments et de proies occasionnelles telles que souriceaux, escargots et autres insectes.

De même, si on achète des jeunes, il faudra prévoir un premier terrarium de taille relativement modeste et un bien plus grand ensuite. Dans le meilleur des cas, un terrarium équipé et décoré correctement ne reviendra pas à moins de 150 € pour du « fait maison » ou en achetant le terrarium d'occasion. Si on passe par une animalerie, à certains endroits le budget pour l'installation complète peut aisément atteindre 400€.

Il faut aussi, sur le long terme, bien intégrer le fait que la reproduction n'est pas des plus simples et donc, il ne faut pas compter d'emblée sur celle-ci pour se rembourser.

Tout cela est bien entendu purement indicatif et ne comporte pas les dépenses supplémentaires comme les frais vétérinaires qui peuvent intervenir à tout moment et constituer des sommes à débourser loin d'être négligeables.

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Conclusion:

Uroplatus henkeli ne convient pas à un débutant en terrariophilie. Il demande de l'expérience préalable, de préférence avec d'autres geckos arboricoles, et/ou avec des espèces se maintenant à des températures assez fraîches.

C'est cependant avec U. guentheri l'espèce la plus facile pour débuter avec les Uroplatus. On ne doit jamais oublier que cette facilité est toute relative et que la moindre faille dans la façon de les maintenir peut s'avérer vite mortelle pour les animaux.

L'espèce est encore relativement rare et ne circule surtout qu'en bourse spécialisée entre amateurs éclairés. Vu sa rareté dans la nature il est impératif de chercher dans tous les cas à la reproduire.

Ce gecko est attrayant à plus d'un titre, que ce soit par ses facultés de camouflage, son comportement de prédation, et par le fait qu'on puisse l'observer nuit et jour en terrarium. Il n'est absolument pas fait pour qui veut manipuler régulièrement un reptile. Chaque individu a des motifs et des couleurs différents et il n'y en a aucun qui ne soit strictement identique à ses congénères.

L'espèce reste pour l'instant -et heureusement- à l'abri des phénomènes de mode en terrariophilie. D'une part, parce que son maintien, sa survie et sa reproduction en captivité sont loin d'être aussi aisés que pour d'autres espèces, d'autre part parce qu'il n'existe pas de « phases » de ce gecko.

Souhaitons que cette situation perdure et qu'Uroplatus henkeli soit plus facilement accessible dans les années à venir, sans pour autant devenir un objet de spéculation ou un « animal pour débutant », ce qu'il ne sera jamais pour les raisons précitées. Il est compréhensible et positif qu'une telle espèce suscite l'intérêt de nombreux terrariophiles, cependant sans les moyens financiers, l'expérience préalable et la rigueur dans la gestion quotidienne de son maintien en captivité, il faut laisser à d'autres le soin d'acquérir ce gecko. Seuls devraient se lancer ceux et celles qui ont pris le temps de se renseigner amplement sur l'espèce et qui ont trouvé des solutions à chaque problème posé par ce gecko en captivité.


http://img97.imageshack.us/img97/5125/dscf2531h.jpg (http://img97.imageshack.us/i/dscf2531h.jpg/)


Bibliographie:

-BERGMAN J., 2006, Geckos: day geckos, tokay geckos plus New Caledonian geckos and more!, The Herpetocultural Library, Advanced Vivarium Systems™, Irvine, CA, USA, 160 pp.

-BÖHLE, A. & SCHÖNECKER, P., 2004 Eine neue Art der Gattung Uroplatus DUMÉRIL, 1805 aus Ost-Madagaskar (Reptilia: Squamata: Gekkonidae). Salamandra 39 (3/4): 129-138

-BÖHME W. & IBISCH P., 1990, Studien an Uroplatus. I. der Uroplatus fimbriatus Komplex, Salamandra 26, Bonn, Allemagne, pp. 246-259.

-GLAW F., KOSUCH J., HENKEL F-W., SOUND P, BÖHME W., 2006, Genetic and morphological variation of the leaf-tailed Gecko Uroplatus fimbriatus from Madagascar, with description of a new giant species, Salamandra 42, Rheinbach, Allemagne, 129-144.

-HENKEL F. W., SCHMIDT W., 1995, Geckoes ,Krieger Publ., Malabar, FL, USA,237 pp.

-HENKEL F.-W., SCHMIDT W., HACKWORTH J.R., 2000, Amphibians and Reptiles of Madagascar, the Mascarene, the Seychelles, and the Comoro Islands, Krieger Publ., Malabar, FL, USA, 316 pp.

-MEISTER N., 2001, A Great Gecko to Keep- Uroplatus henkeli in Captivity, Gekko (Global Gecko Association Journal) vol. 2 issue 2, Spencer, Oklahoma, USA, pp. 36-40.

-RUDGE J., 1998, GGA cares for...Uroplatus henkeli, Chit-Chat vol. 1 issue 2, newsletter de la Global Gecko Association, St. Albans, UK.

-SVATEK S., VAN DUIN S., 2001, Leaf-tailed Geckos, The Genus Uroplatus, Brähmer Verlag, Frankfurt am Main, 162 pp.

-WALLS J. G. & WALLS M., 1998, Geckos: Keeping & Breeding them in Captivity, TFH ED., Neptune City, 2nd ed., 64 pp.

-Documentation en ligne de la CITES

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© Hervé Saint Dizier, 2008-2010, tous droits réservés.

Pierre
08-14-2010, 03:08 PM
tu peux aussi créditer ma photo que tu as utilisé dans cette "fiche"...:roll:

thorrshamri
08-14-2010, 03:21 PM
tu peux aussi créditer ma photo que tu as utilisé dans cette "fiche"...:roll:

The photo is from Wikipedia commons so it is copyright-free...By putting photos on Wikipedia you agree to their terms of service, read them again if you don't believe me.

I am removing it anyway, I had not noticed it was actually your pic- my bad. You know I don't want to be "associated" with you in any way... ;)

Oh and...your " " for "your care sheet" are irony, right? Well, I know how big you are with breeding but I do "regret" I have never seen any of your "writings" around...:biggrin:

From there I would really, really appreciate than you and your folks just ignore me if you don't like me. Thanks! ;)

Pierre
08-14-2010, 08:49 PM
ah,ah you're a funny guy:crackup:.
keep up the good work :).

Riverside Reptiles
08-14-2010, 11:59 PM
Herve, although I haven't had a chance to google translate it and read it yet, this looks like a fantastic care sheet. Thank you for posting it. In the case that a photographer is known, please do give credit to them even if it's copyright free. It's only polite and I don't want anyone crying over it.

Now, there's no problems here right guys?:paddle:

thorrshamri
08-15-2010, 12:03 AM
Will do Ethan. Actually I need to finish the "most interesting part"- i.e., breeding. I only deal here with my own experience and I need more time to have enough materials for it ;)

miguel camacho!
02-03-2011, 12:39 AM
Hopefully there are plans to translate to English?

Thanks for writing this, Herve! As you will probably agree, a caresheet for this species is long overdue!

thorrshamri
02-03-2011, 09:07 PM
Thanks a lot Miguel, I feel honored by your interest. There is a good care sheet in English on the GGA website, by John Rudge. Neil Meister also wrote an article on them years ago in a past Gekko issue- I think if you contact Neil, he would not mind sending you a PDF copy of his article. As for my above care sheet, Google translator may help, but for the time being I have already tons of work on the GGA publications, the care of my own animals ....I think you know what I mean. :lol: One day, maybe...